Thomas Pitiot

Thomas Pitiot, 37 ans. Le bonhomme vit toujours en Seine-Saint-Denis, entre ici et le monde. Cette banlieue nord, c’est son territoire, dans ces villes qu’il a grandi.

Parallèlement à une scolarité qui débouche sur une licence de sciences politiques à l’université de Saint-Denis, Thomas se frotte à différentes disciplines artistiques. En marge des institutions académiques et des conservatoires, plutôt les deux pieds dans l’associatif, il taquine le piano, la guitare, la batterie, le chant ; à 14 ans, il fait ses premières scènes rock, puis funk, reggae, rap, chanson.

Thomas ne cloisonne rien, c’est un casseur de frontières.

Il fait le lien avec le théâtre (compagnie Étincelles qu’il intègre à 15 ans pour ne plus la quitter) et s’essaie tour à tour à la comédie, l’écriture et la mise en scène, avec deux pièces importantes, La P… de sa mère ainsi que La Noce de Holtère le Nico. Il jette un œil du côté du cinéma avec plusieurs premiers rôles et la réalisation de Sofiane et Vanessa, court-métrage primé au festival ciné-vidéo de Seine-Saint-Denis.

Il brode à sa manière un tissu associatif local : animation, aide aux devoirs, fêtes de quartier, militantisme avec chaque fois des passerelles vers la musique.

En 2001, avec trois amis, il crée T’Inquiète Productions et c’est le véritable lancement de sa carrière « chanson ».

En 2002, tout s’accélère avec son premier album, Le Tramway du Bonheur, reçu très chaleureusement par le public et les professionnels. Depuis, plusieurs centaines de concerts lui ont permis de faire sa place dans l’univers de la nouvelle scène chanson française en imprimant une marginalité bien vivante. Au cours de ses tournées, Thomas conquiert un public toujours plus large et divers. Autant de formules que de lieux, en plein air, en salle, en duo ou avec toute sa formation.

En 2004, il sort un petit disque au tirage limité Le Baron Perché, fable acerbe qui met en scène un certain Ernest-Antoine !

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Photo : c@ctus/assisdebout.fr

Parallèlement, il poursuit ses activités sur d’autres fronts : résidences, voyages, ateliers d’écriture, créations originales avec des musiciens d’Afrique de l’Ouest, etc.

Cette vie d’enrichissement humain et culturel est un moteur d’inspiration et de création pour lui.

En 2005, il sort son deuxième album La Terre à Toto, grand frère du Tramway du bonheur, qui rencontre un accueil aussi chaleureux. Deux années de concerts contribueront à élargir sa famille, dans l’acception africaine du mot. Les griots et les saltimbanques du monde entier ont un sang commun qui coule dans leurs veines. De nombreuses invitations sur scène avec Loïc Lantoine, Agnès Bihl, Toma Sidibé, etc., cousins et cousines d’écriture et d’engagement.

En 2007, il crée avec son camarade Yonel Cohen-Hadria et d’autres amoureux de la chanson le Festival Aubercail, le festival des mots dits à Aubervilliers, qui enchaîne depuis des éditions étonnantes en installant de façon durable un précieux rendez-vous de la chanson aux Printemps d’Aubervilliers.

C’est également en 2OO7 que Thomas intègre le projet collectif d’hommage à François Béranger, aux côtés de Michel Bühler, Jofroi, Marie Tout Court, Didier Ithursarry, Marquito Benabou et Lalo Zanelli. Le spectacle Laissez-vous Béranger tournera jusqu’en 2008, pour le plus grand bonheur des amoureux du grand François.

Début 2008, c’est la sortie de Griot, troisième album de Thomas. C’est certainement celui qui est le plus marqué par son expérience africaine, celui qui revendique encore davantage son lien avec le Mali et le Sénégal. Pour autant, la chanson reste la forme privilégiée. Il martèle alors cette appellation « chanson française du monde », en réponse à l’injonction des décideurs de rentrer dans des cases. Un an et demi de concerts avec un orchestre étoffé constitué de ses camarades des premiers jours et quelques autres rencontrés depuis. On retiendra notamment une soirée exceptionnelle à La Cigale en février 2009. Cette tournée sera l’occasion d’enregistrer un album en public comprenant également un DVD. Ce coffret reflétant la chaleur et la générosité de ce collectif en scène s’intitule tout simplement Thomas Pitiot Aubercail. Il sort au printemps 2010.

Durant ces dernières années, Thomas poursuit et étend son champ d’intervention musical et n’hésite pas à jouer dans des lieux aussi divers que les prisons, les hôpitaux, les écoles, les maisons, les lieux d’occupation en période de luttes sociales ; ces concerts parfois informels méritent une attention et un investissement qu’il affectionne toujours autant. Il revendique son besoin d’une chanson tout-terrain.

De plus en plus, Thomas écrit et compose pour d’autres, en privilégiant la relation amicale et familiale, aux antipodes du chasseur de prime. Ce sont des paroles et des musiques qui seront reprises par Francesca Solleville, Nicolas Bacchus, Gérard Pitiot, Toma Sidibé, Hervé Akrich, Marie Tout Court, Julie Rousseau, avec parfois des duos enregistrés sur les albums de ces différents artistes.

En décembre 2009, Thomas largue les amarres pour un voyage de six mois en itinérance et en solitaire, qui le fera traverser la France, l’Espagne, le Maroc, le Sénégal, le Mali, jusqu’au Burkina Fasso. Voyage personnel, voyage au-delà des habitudes et des repères, voyage de transition aussi. Parenthèse dans une vie remplie de nombreux projets collectifs et artistiques depuis presque 20 ans.

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Photo : c@ctus/assisdebout.fr

Fin 2010, c’est l’heure des nouveaux chantiers de créations. À présent, Thomas travaillera dans le cadre de l’association familiale Océan Nomade, structure qu’il renouvelle afin de créer les conditions d’une totale liberté pour les années à venir.

C’est avec joie qu’il concrétise une collaboration amicale et musicale avec Batlik, chanteur avec qui les passerelles ont toujours semblé naturelles. Un album commun est enregistré en décembre 2010, La place de l’autre avec une tournée en duo s’étalant de janvier à juillet 2011. Cette formule légère très acoustique leur permet des représentations dans des lieux très divers et souvent improbables.

Au sortir de ce coudoiement de musicalamitié, Thomas se lance dans un projet familial d’envergure, une aventure généa-logique ! Le double album avec son père, Gérard Pitiot, est enregistré en octobre-novembre 2012. Tous deux s’accordent pour le choix des chansons ainsi que pour l’univers musical qui véhiculera ce nouvel opus, Transports Pitiot Père et Fils. En mars 2013, la sortie de ce disque familial s’accompagnera d’une nouvelle tournée.